L'agilité est une capacité : celle de livrer de la valeur de façon continue dans un environnement incertain, en s'adaptant en permanence. Ce n'est ni une méthode, ni un outil, ni un ensemble de réunions.
Quatre mots qui portent tout
Capacité, et non procédure : elle s'acquiert par la pratique et se perd si on cesse de pratiquer. Valeur, et non livrables : ce qui compte est ce que le produit change pour quelqu'un. Continue, et non finale : on livre souvent, pour apprendre souvent. Incertain : c'est la condition d'entrée, développée dans le pourquoi.
Cinq faux amis
Ce n'est pas une méthode. Scrum est une méthode, Kanban en est une autre. L'agilité est ce qu'elles ont en commun, pas l'une d'elles.
Ce n'est pas faire vite. C'est faire juste, plus tôt. La vitesse est parfois une conséquence, jamais l'objectif.
Ce n'est pas travailler sans plan. On planifie davantage qu'en cycle en V, mais plus souvent et sur des horizons plus courts.
Ce n'est pas l'absence de documentation. Le manifeste dit de préférer un logiciel qui fonctionne à une documentation exhaustive. Préférer n'est pas supprimer.
Ce n'est pas un outil. Installer Jira ne rend pas agile, pas plus qu'acheter un piano ne rend musicien.
Le cœur : l'empirisme
Si l'on ne devait retenir qu'une chose, ce serait celle-ci : on décide à partir de ce qu'on observe, pas de ce qu'on avait prévu. Trois conditions rendent cela possible, et ce sont les trois piliers : rendre visible, regarder régulièrement, ajuster en conséquence.
Tout le reste, les rôles, les réunions, les tableaux, n'existe que pour servir ces trois conditions. Quand un rituel ne les sert plus, il devient du théâtre agile.
