Les quatre valeurs du manifeste donnent une direction. Les douze principes disent ce que cela implique au quotidien. Ils sont bien plus opérationnels, et bien moins cités.
Un test, pas un catéchisme
La façon la plus utile de s'en servir n'est pas de les afficher au mur, mais de s'en servir comme grille de lecture. Prenez une pratique en place chez vous, et demandez lequel de ces douze principes elle sert. Si aucun ne répond, la pratique mérite une conversation.
Les douze principes
Reformulés en français courant, sans changer leur sens.
Satisfaire le client : par des livraisons rapides et régulières de valeur. La satisfaction n'est pas mesurée à la conformité au cahier des charges, mais à ce que le produit change pour son utilisateur.
Accueillir le changement : même tard dans le développement. Il n'est pas un incident : c'est l'avantage compétitif du client qui s'exprime.
Livrer fréquemment : de quelques semaines à quelques mois, avec une préférence pour les délais courts. Chaque livraison est une occasion d'apprendre.
Faire travailler ensemble : métier et développeurs, quotidiennement, tout au long du projet. Pas par des comptes rendus interposés.
Faire confiance : à des personnes motivées. Leur donner l'environnement et le soutien dont elles ont besoin, puis leur faire confiance pour faire le travail.
Parler en face à face : c'est la méthode la plus efficace pour transmettre de l'information à une équipe et à l'intérieur de celle-ci.
Mesurer par le produit : un logiciel qui fonctionne est la principale mesure d'avancement. Pas le pourcentage de tâches cochées.
Tenir un rythme soutenable : indéfiniment. Commanditaires, développeurs et utilisateurs doivent pouvoir maintenir ce rythme sans s'épuiser.
Soigner l'excellence technique : et la qualité de la conception. C'est ce qui permet de rester agile dans la durée plutôt que quelques mois.
Rechercher la simplicité : l'art de maximiser la quantité de travail non fait. Le code qu'on n'écrit pas est le seul qui ne coûte rien à maintenir.
Laisser émerger : les meilleures architectures, spécifications et conceptions viennent d'équipes auto-organisées, pas d'une instance extérieure.
S'améliorer régulièrement : à intervalles réguliers, l'équipe réfléchit à sa façon de fonctionner, puis ajuste son comportement en conséquence.
Les trois qui dérangent le plus
Le huitième, le rythme soutenable. Il interdit la logique du coup de collier permanent, et il est le premier abandonné dès qu'une date approche.
Le dixième, la simplicité définie comme l'art de maximiser le travail non fait. Il va contre l'instinct d'une organisation qui mesure l'activité plutôt que l'effet.
Le onzième, l'auto-organisation. Il déplace l'autorité sur le comment vers l'équipe, ce qui suppose un changement de posture managériale bien plus profond qu'un changement de méthode. C'est le sujet de la posture.
