On enseigne presque toujours l'agilité par ses rituels. C'est l'ordre inverse du bon. La première question est : pourquoi l'agilité est-elle apparue ? Sans y répondre, les rituels deviennent des gestes qu'on exécute sans savoir pourquoi.
Une réponse, pas une préférence
L'agilité n'est pas une école de pensée qui s'opposerait à une autre. C'est une réponse construite à un problème précis : que faire quand on ne peut pas savoir à l'avance ce qu'il faut construire.
Tant que cette condition n'est pas remplie, les méthodes séquentielles fonctionnent très bien, et il est malhonnête de prétendre le contraire.
Ce dont nous avons hérité
Nos réflexes d'organisation viennent du bâtiment, puis de l'industrie. La séparation entre celui qui définit le besoin et celui qui réalise, le plan détaillé avant le premier coup de pioche, la validation finale : tout cela a été conçu pour des chantiers, et cela y fonctionne.
Ce modèle a été transposé au logiciel dans les années 1970 et 1980, avec le cycle en V. Le transfert a échoué pour une raison structurelle, développée dans cette page.
Un siècle bâti sur une hypothèse
Du taylorisme à l'ère numérique, un siècle d'organisation repose sur une hypothèse unique : on peut prévoir. L'agilité commence exactement là où cette hypothèse tombe.
Le mot qui change tout
Ce mot est complexe, et il ne veut pas dire compliqué. Le cadre Cynefin permet de situer une situation avant de choisir sa méthode. La distinction entre complexe et compliqué est la plus utile de toutes.
Deux conséquences directes en découlent : l'incertitude est maximale au début, ce que décrit le cône d'incertitude ; et une estimation dépend de la finesse à laquelle on regarde, ce qu'illustre le paradoxe du littoral.
Tout le pourquoi
Sept pages qui répondent, chacune, à un morceau de la question.
