Kanban ne propose ni sprint, ni rôle, ni cérémonie. Trois règles, et une obsession : le flux. C'est le cadre le plus léger à installer, et sans doute le plus difficile à tenir.
Du kanban d'atelier au tableau d'équipe
Le mot désigne à l'origine une étiquette utilisée dans les ateliers Toyota pour signaler qu'un poste est prêt à recevoir du travail. Le travail est tiré par l'aval plutôt que poussé par l'amont. David Anderson a transposé cette logique au travail intellectuel à partir de 2007.
Le principe reste identique : on ne commence pas quelque chose parce qu'on en a envie, mais parce qu'une place s'est libérée en aval.
Trois règles
Visualiser le travail
Un tableau qui montre les étapes réelles du travail, pas les étapes théoriques. Si une colonne « en attente de validation » existe dans les faits, elle doit exister sur le tableau.
Limiter le travail en cours
Un nombre maximum d'éléments par colonne. Quand la limite est atteinte, on ne prend rien de nouveau : on va aider à débloquer ce qui est déjà là.
Mesurer et améliorer le flux
Combien de temps un élément met à traverser le tableau, où il attend, et pourquoi. On agit sur les temps d'attente avant d'agir sur les temps de travail.
La deuxième règle, celle qui dérange
Limiter le travail en cours va contre tous les réflexes d'une organisation. Une personne qui n'a qu'une tâche paraît sous-employée ; un tableau plein paraît productif.
C'est pourtant l'inverse. Un tableau plein signale que beaucoup de travail est commencé et que peu est terminé. Or ce qui est commencé n'a créé aucune valeur : seule la sortie du tableau en crée. La règle rend cette vérité inconfortable impossible à ignorer.
Son autre effet est de transformer un blocage individuel en problème collectif. Quand personne ne peut prendre de nouveau travail, tout le monde a intérêt à ce que ce qui est bloqué se débloque.
Quand Kanban vaut mieux que Scrum
Quand le travail arrive en continu et ne se laisse pas découper en sprints : support, exploitation, maintenance, équipes de service. Forcer un sprint sur ce type d'activité produit un sprint défait tous les deux jours par les urgences.
Quand les éléments sont de tailles très hétérogènes, ce qui rend la planification par capacité peu praticable.
Quand une équipe veut commencer sans tout bouleverser : Kanban se pose sur l'organisation existante, sans changer les rôles ni les titres. C'est souvent la porte d'entrée la moins coûteuse.
Le sujet est développé sur formation-kanban.com, le site du réseau consacré à cette méthode.
